Roger Bornand collectionne les «bandits manchots» depuis une quarantaine d’années. Le casino? «Un monde fascinant et un peu sensuel.» Pourtant, il a récemment décidé de les vendre au plus offrant.
A les examiner, on se dit que l’ingéniosité n’a pas d’âge. Ou la perfidie, plutôt, tant il en faut pour concevoir des machines à sous capables d’attiser la convoitise des uns tout en alimentant les caisses des autres. Les premiers «bandits manchots» — leur nom vient du fait qu’il faut actionner un bras pour faire tourner les rouleaux — datent de la fin du XIXe siècle. Et c’est précisément de cette époque que datent les plus anciennes pièces de la collection de Roger Bornand, un publicitaire montreusien féru de vieilles machines à sous. Ses trésors sont d’ailleurs exposés au Casino Barrière de Montreux, jusqu’à la mi-février.
«J’ai acquis ma première pièce il y a une quarantaine d’années, au marché aux puces de Portobello, à Londres», se rappelle-t-il. Un coup de foudre qu’il explique par la splendide carrosserie de l’appareil, surmonté d’un joli petit buste d’Indien. «C’est le même intérêt qui vous ferait tomber amoureux d’une Cadillac des années 1950», analyse Roger Bornand, dont la collection compte aujourd’hui près de cinquante machines, mécaniques pour la plupart.
Les collectionneurs de machines à sous — il n’existe pas de terme générique en français — ne sont pas légion en Europe.
Tout un pan d’histoire
Il y en aurait une dizaine en france et Roger Bornand passe lui-même pour être probablement le seul représentant de cette espèce rare en Suisse. «L’aspect le plus intéressant d’une telle passion réside dans l’histoire véhiculée par ces machines. Certaines évoquent la prohibition et Al Capone, sur d’autres on imagine que des générations de joueurs se sont cassé les dents. C’est un monde fascinant, et un peu sensuel aussi», précise le collectionneur. Mais toutes les belles choses ont une fin et le Montreusien avoue en avoir un peu assez de l’encombrement créé par son dada. «Il y a un temps pour tout et je n’ai pas d’héritier intéressé par ma collection. Avis donc aux amateurs: je suis disposé à vendre le tout en bloc», souffle Roger Bornand. A quel prix? On ne le saura pas, même si l’intéressé confesse avoir acheté son plus beau modèle — une machine de 1897 — au prix de 25 000 francs.
(source : 24heures.ch)