L'ex-maire UDF-PR de Cannes, Michel Mouillot, 61 ans, comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Nice pour corruption dans une affaire de pots-de-vin réclamés à des dirigeants de casinos en échange d'une autorisation d'exploiter des machines à sous sur la Croisette en Sept autres prévenus, parmi lesquels le fils de Michel Mouillot, sont renvoyés dans ce dossier qui précipita la chute de l'ancien élu, condamné le 1er décembre par la cour d'appel d'Aix-en-Provence à 4 ans de prison ferme pour avoir perçu des dessous de table dans une opération immobilière sur la Croisette en 1994. L'affaire dite "des casinos" débuta en juin 1996 lorsque les dirigeants britanniques du groupe contrôlant le Carlton Casino club à Cannes affirmèrent aux policiers niçois avoir été victimes d'une tentative d'extorsion de fonds. M. Mouillot leur aurait réclamé 460.000 euros en contrepartie d'un vote favorable du conseil municipal validant l'exploitation d'un parc de machines à sous. Une souricière montée en lien avec Scotland Yard et digne d'un roman, aboutit à l'arrestation, le 17 juillet, dans les salons du Ritz à Londres, d'un émissaire de la mairie venu réceptionner une mallette censée contenir les fonds. Interpellé dans sa villa varoise, mis en examen pour corruption passive et écroué le 19 juillet 1996, Michel Mouillot réfuta avoir sollicité un quelconque versement avant d'affirmer que ce "don" était destiné au financement occulte du Parti républicain (PR). Aucune "caisse noire" ne fut pourtant mise au jour par les enquêteurs qui relevèrent en revanche les difficultés financières du maire, notamment une série de prêts bancaires contractés à hauteur de 600.000 euros.
emplois fictifs
Quatre mois après son incarcération, en novembre 1996, alors même que M. Mouillot sollicitait une mesure de liberté provisoire, éclatait une affaire similaire dans un autre établissement de la Croisette: le casino Riviera du Noga Hilton. Entendu par les policiers, son directeur, Martin Conway, affirma avoir remis quelque 230.000 euros en liquide au maire - entre le 29 avril et le 15 juillet 1996 - pour décrocher l'autorisation d'implanter une centaine de bandits manchots supplémentaires. Mis en examen une seconde fois pour corruption passive, Michel Mouillot est également prévenu d'abus de biens sociaux et prise illégale d'intérêts dans un dossier connexe: il est soupçonné d'avoir bénéficié d'emplois fictifs au sein de deux sociétés - de 1995 à 1996 - alors même qu'il occupait ses fonctions à l'Hôtel de ville. Ainsi, des fiches de salaire émanant de la société "Riviera Wine" le rétribuent en qualité de commercial effectuant 169 heures mensuelleseuros mensuels) pour assurer la promotion d'un nouveau vin. Il occupe à la même époque les fonctions de directeur commercialeuros mensuels) au sein d'une société monégasque d'imprimerie, "Eurograph", dont une filiale bénéficia de commandes de la ville de Cannes. Trois de ses anciens employeurs sont poursuivis pour abus de bien sociaux et prise illégale d'intérêts. Michel Mouillot a effectué 15 mois de détention provisoire, de juillet 1996 à octobre 1997, marqués par son hospitalisation à la suite d'une grève de la faim. Le procès est prévu jusqu'au 17 décembre.
(source : france3.fr/AFP)