Des investissements assumés par l’exploitant du casino, puis des recettes pour la Ville : Damien Meslot, maire de Belfort, ne voit que des avantages à l’installation d’un casino à Belfort. Pour l’opposition, la réussite d’un tel projet est loin d’être évidente et pose des problèmes éthiques.
La première étape est franchie : le conseil municipal de Belfort s’est prononcé jeudi soir, 18 juin, sur le principe d’autoriser des jeux d’argent et de hasard dans la commune et par conséquent d’approuver le principe d’implantation d’un casino. La majorité a bien entendu voté en bloc en faveur de la délibération, mais les oppositions de gauche ont fait un tir de barrage.
Damien Meslot, maire de Belfort, a donné quelques détails sur le projet. On sait que le casino s’installerait au 3e étage des Nouvelles Galeries, faubourg de France, avec un restaurant en roof top, au 4e étage sous la verrière. La surface qui lui serait affectée serait de 1800 m. De quoi accueillir 125 machines à sous et quatre tables de jeux. Une partie de la surface serait réservée à des activités d’animation, comme des dîners-spectacle, des soirées dansantes, des soirées d’entreprises, des expositions, des conférences. Le restaurant disposerait quant à lui de 400 m².
De nouvelles recettes pour la Ville
Ce casino générerait des recettes pour la Ville. L’Etat reverserait à la Ville de Belfort 10% du prélèvement opéré sur le produit des jeux réalisé par le casino, et la commune pourrait instituer un prélèvement pouvant aller jusqu’à 15% sur ce même produit des jeux.
Parallèlement, Damien Meslot s’est attaché à démontrer que la Ville ne dépenserait rien pour ce projet de casino : Tandem a acheté les locaux des Nouvelles Galeries, le bail est déjà signé avec l’exploitant, et le futur concessionnaire devra financer la rénovation et l’aménagement des 3e et 4e étage. « La Ville ne participera ni à l’achat, ni à la rénovation », a-t-il insisté. Autrement dit, Belfrot ne dépenserait pas un sou et profiterait de nouvelles rentrées financières. La martingale, comme on dit dans les milieux du jeu !
L’opposition n’y croit pas un seul instant. Bastien Faudot (« Tous Belfortains ») s’est d’abord interrogé sur la raison pour laquelle Damien Meslot n’avait pas parlé de ce projet de casino pendant sa campagne des municipales. Il a aussi mis en doute la viabilité économique du projet, à la fois au regard de la concurrence des casinos déjà existants à Luxeuil-les-Bains, Blotzheim ou encore Bâle, mais aussi de celle des jeux en ligne. « Avez-vous fait une étude de marché ? Vous nous demandez de délibérer à l’aveugle », a-t-il interpellé le maire. Autres questions posées par Bastien Faudot : les risques de blanchiment d’argent, d’addiction aux jeux, mais aussi des questions de valeur : « Que va dire ce vote de nous ? Le travail, le mérite, l’effort : ce sont des valeurs que je partage. Les jeux reposent sur exactement l’inverse. Ce n’est pas un acte anodin : c’est aussi un choix de société. »
« Une roue de secours financière »
Florian Chauche (« Belfort avec vous ») a également émis des doutes : « Vous présentez l’implantation de ce casino comme un levier de relance du commerce en centre-ville et de développement touristique pour Belfort. Permettez-nous d’en douter. (…) La grande majorité des actifs travaille en journée et ne fréquentera donc pas ce type d’établissement sur ces horaires. EN journée, la clientèle potentielle sera principalement composée de retraités et de personnes sans activité, souvent avec des revenus modestes. (…) Pire encore : chaque euro dépensé, et bien souvent perdu, dans ce casino, sera un euro de moins pour nos commerces de proximité. Il ne s’agit donc pas d’un levier de dynamisation, mais bien d’un simple déplacement de dépense locale. »
Florian Chauche estime que « la véritable motivation du projet de casino est financière : les recettes fiscales du casino. En moyenne, une commune accueillant un casino sur son territoire perçoit annuellement 1,4 million d’euros de taxes », a-t-il avancé.
Selon lui, « le casino apparaît moins comme un projet de développement commercial et touristique que comme une roue de secours financière pour faire rentrer de l’argent dans les caisses de la Ville. »
(source : letrois.info/Pierre-Yves Ratti)