Créé dans la foulée du classement de niederbronn-les-Bains comme cité hydrominérale, le casino de niederbronn-les-Bains est aussi le premier à avoir vu le jour en Alsace. Plongée dans l’histoire d’un établissement centenaire.
Ce n’est qu’en accédant au statut de station hydrominérale en 1926 que niederbronn a obtenu le droit d’ouvrir son casino. Le conseil municipal avait en effet d’abord essuyé un premier refus de la part du ministère en 1921 « après un avis du Conseil général d’Alsace défavorable à l’introduction de salles de jeux », explique Jean-Claude Winling, membre de la Société d’histoire et d’archéologie de Reichshoffen et environs.
L’établissement est installé dans le bâtiment d’un ancien vauxhall (une sorte de maison regroupant différents loisirs, mais pas de jeux d’argent), et son premier gestionnaire entreprend dès 1927 la construction du Grand hôtel en parallèle. Le casino propose à ses débuts des jeux de boules, de baccarat, de bridge puis diversifie son offre.
La Seconde Guerre mondiale porte toutefois un coup d’arrêt à ce développement. Les Allemands, qui occupent niederbronn, font du casino une caserne. En mars 1945, dans les combats de la seconde libération de l’Alsace , le bâtiment est détruit à 80 % par les obus. C’est donc installé dans une aile du grand hôtel que reprennent les activités du casino, l’année suivante. Il ne réintègre son site originel qu’une fois sa reconstruction terminée, en 1953.
Des grands noms de la chanson française en concert
Le casino, alors le seul d’Alsace, connaît jusque dans les années 70 ses plus belles heures, sous la direction de Jean Schwoerer. S’y pressent de riches commerçants et industriels de Strasbourg, et s’y produisent des grands noms de la chanson française : Charles Aznavour, Claude François, Franck Alamo, Sylvie Vartan, Dalida, Sacha Distel, Johnny Hallyday…
La situation se dégrade toutefois à partir de 1985, sur fond de hausse du montant du timbre fiscal et de fortes baisses de la fréquentation. Pour permettre au casino de traverser cette période difficile, au cours de laquelle la société est placée en redressement judiciaire, le conseil municipal consent à baisser ses taux de prélèvement. Dans ce contexte, l’arrivée des machines à sous en 1992 apporte une bouffée d’oxygène. À mesure que cette activité supplante les jeux de table traditionnels - elle génère aujourd’hui 90 % des revenus de l‘établissement - la clientèle se fait plus populaire. Des années 1990 à 2000, « toute la jeunesse se donnait rendez-vous au bar du casino », se souvient Jean-Claude Winling. Elle en profitait pour fréquenter la salle de cinéma et le dancing installés dans le bâtiment
Depuis 2005, le casino est propriété du groupe Barrière , qui possède les deux autres casinos d’Alsace ( à Ribeauvillé et Blotzheim). L’établissement se recentre sur son cœur d’activité. En 2004, exit le dancing. Le rez-de-chaussée est désormais dédié aux seuls jeux : s’y côtoient des machines à sous de différentes générations (électroniques et mécaniques) ainsi que les jeux de table, qui ont été rapatriés depuis la salle à l’étage. Cette dernière sert désormais de salle de gala.
Lors du renouvellement de la délégation de service public en 2013, le nouveau propriétaire décide d’arrêter l’exploitation du cinéma. Fort de quelque 70 salariés, le casino se porte aujourd’hui plutôt bien : « Nous avons dépassé l’année dernière les 20 millions d’euros de produit brut des jeux, indique Arnaud Levalois, son nouveau directeur. Un peu plus d’un million est reparti dans les caisses de la mairie. »
(source : dna.fr/E.R.)