TÉMOIGNAGES - Pour certains visiteurs, le voyage commence dans ces temples du divertissement. Entre luxe, spectacles et tables de jeu, ils permettent, selon eux, de découvrir la ville autrement.
Machines à sous, roulette, poker… De Singapour à Deauville, en passant par Monaco, les casinos attirent un public en quête d’adrénaline et de divertissement. Spectacles, restaurants haut de gamme et ambiance festive en font des lieux uniques pour s’immerger dans la vie locale. En 2022, Las Vegas, celle que l’on surnomme la «capitale mondiale du divertissement», a attiré plus de 39 millions de visiteurs, selon l’office de tourisme. Ses temples du jeu sont au cœur de l’activité touristique et attirent des voyageurs du monde entier.
«On visite la ville en partie pour les casinos», racontent Thomas Demange, 28 ans, et sa compagne, qui ont notamment exploré Macao, région administrative spéciale de Chine. Pour Maria Bigai, 81 ans, retraitée, c’est un rituel. «Il y a eu une période où j’y allais tous les jours», confie-t-elle, alors qu’elle se rend régulièrement au casino de Blotzheim, en Alsace. Le plaisir du jeu ? Il passe davantage par l’atmosphère que par les mises elles-mêmes...
Thomas et Laudine - «Nous visitons les casinos pour l’expérience»
En août 2025, lors de leur congé sabbatique, Thomas Demange, chef de projet partenariats dans une banque, et Laudine Garnier, cheffe de projet marketing, tous deux âgés de 28 ans, découvrent le Crown Melbourne, en Australie, un temple du jeu intégré à un complexe hôtelier. «Il pleuvait, et nous avions vu que c’était le plus grand casino de l’hémisphère sud. Forcément, cela nous a intrigués». Ils décident de pousser les portes de ce mastodonte australien.
Dès l’entrée, la démesure frappe. «Une première impression de grandeur», se souvient Thomas Demange. Devant eux s’étire une interminable ligne de machines à sous dernier cri. «Le complexe est si vaste qu’on traverse des tunnels pour passer d’une salle à l’autre». Ce qui le marque le plus, c’est la modernité du lieu. «Tout était tactile sur les machines à sous. L’établissement était extrêmement propre, presque neuf», explique le chef de projet. Autour, quelques tables de jeu, un bar, de nombreux distributeurs automatiques et une aire de restauration. «Il y avait même une voiture à gagner». Autre particularité : l’absence totale de lumière naturelle. «On perd complètement la notion du temps». Et malgré l’ampleur du site, le sentiment est parfois paradoxal : «Il paraissait un peu vide tant il est immense, c’est déroutant».
Le couple n’a d’ailleurs pas joué, car il fallait présenter son passeport pour obtenir une carte de joueur. «Nous les avions laissés à l’hôtel. Et de toute façon, nous ne sommes pas de grands joueurs», précisent-ils. Leur démarche est ailleurs. «Nous visitons les casinos pour l’expérience, pas pour l’appât du gain». Déjà familiers de ces lieux, ils avaient notamment visité celui de Macao, en Chine. Le contraste est total. «Il y avait des tables de jeux comme le mahjong ou d’autres jeux chinois que nous ne connaissions pas. Les joueurs fumaient à l’intérieur, parlaient fort, c’était un véritable dépaysement». Pour eux, fréquenter ces établissements reste avant tout une «expérience touristique».
Maria - «Je venais surtout pour profiter du spectacle»
Au Casino Barrière de Blotzheim, en Alsace, Maria Bigai, 81 ans, retraitée, est une habituée des lieux, appréciant le frisson discret du jeu. Machine à sous, black jack, roulette anglaise… «Il y a une période où j’y allais tous les jours», avoue-t-elle sans détour. Aujourd’hui, elle s’y rend une à deux fois par mois, toujours accompagnée. «Ce n’est pas loin de chez moi, c’est pratique», explique cette octogénaire, qui réside à Illzach, à quelques kilomètres de Mulhouse. Elle a ses habitudes et ses automates favoris, et savoure ce rituel simple en jouant quelques mises pour le plaisir. Un moment de partage qu’elle apprécie particulièrement avec ses petits?enfants.
Ses envies de découvertes l’ont menée dans d’autres établissements européens.?En 1991, en Slovénie, elle découvre le Casino Perla, l’un des plus grands centres de jeux et de divertissement du continent, avec 760 machines à sous, 80 tables de jeux et la plus grande salle de poker d’Europe. «Je venais surtout pour profiter du spectacle», raconte-t-elle, évoquant des numéros flamboyants qui lui rappelaient le faste du Moulin Rouge.
En 2003, elle fait le déplacement jusqu’à Bâle, en Suisse, pour assister à l’inauguration du Grand Casino Basel. «Cela ne m’a pas plu, car il fallait convertir mon argent en francs suisses», raconte-t-elle en riant. Mais cela ne l’a pas arrêtée : ses escapades la conduisent aussi en Allemagne et en Italie. «Je ne vais pas au casino pour gagner», précise-t-elle. Pour Maria, le plaisir n’est pas dans l’argent, mais dans cet univers à part qui la transporte hors du quotidien.
(source : lefigaro.fr/Iman Benotmane)