Entrevue avec Patrick Partouche
Vous réclamez depuis des années l'autorisation de lancer un cybercasino. Comment réagissez-vous à l'arrestation des dirigeants de la société de jeux en ligne Bwin sur plainte de la Française des jeux ?
Patrick Partouche. Je trouve l'attitude de la Française des jeux inqualifiable. J'ose espérer que cette arrestation fera prendre conscience que ce qui passe en France ne peut plus durer. On ne peut pas défendre le monopole de la Française des jeux et interdire à tous les autres opérateurs, casinos compris, de faire des jeux en ligne. Dans cette affaire, la France se comporte comme une république bananière. J'ai moi-même été auditionné pendant quatorze heures par la police des jeux quand j'ai lancé Casino-partouche.com.
Vous exigez l'abolition du monopole de la Française des jeux et du PMU ?
Je réclame l'égalité de traitement. La Française des jeux et le PMU ont le droit de faire des jeux en ligne. Les casinos doivent pouvoir le faire aussi. La police des courses et jeux a fait un joli coup d'éclat avec Bwin mais il ne faut pas que l'arbre cache la forêt. Il y a 2 000 sites de jeux payants accessibles en France fréquentés par 2 millions de joueurs et Bwin continue d'émettre. Alors, j'ai le sentiment que c'est illégal juste pour Partouche. « Je veux une situation claire et cohérente »
Comptez-vous attaquer la Française des jeux ?
J'ai déjà attaqué son monopole devant la Cour de justice européenne. J'ai aussi déposé plainte au Conseil d'Etat pour rappeler la Française des jeux à son obligation de protection des mineurs. Je veux une situation claire, lisible et cohérente : soit la France interdit tous les jeux en ligne, soit elle les légalise. L'intelligence est d'étendre le monopole des jeux en ligne aux casinotiers qui ont prouvé qu'ils étaient capables de gérer des autorisations de jeu et de fermer tous les sites non agréés en France. Chez Partouche, les jeux en ligne créeraient 1 000 emplois en trois ans. Si on m'empêche de faire des jeux en ligne depuis la France alors je ferai comme tout le monde. Notre filiale Partouche Interactive est sur le point d'obtenir une première licence à Gibraltar. A partir de là, à chacun de prendre ses responsabilités. Ça fait sept ans que je mène ce combat, j'irai jusqu'au bout.
(source : leparisien.fr/Propos recueillis par M.L.)